Histoire de la ville

La commune

La commune de Louvigné du Désert se situe dans la communauté d'agglomération de Fougères. Sa superficie est de 4512 hectares et la commune comptait une population de 3417 habitants en 2015. Louvigné du Désert chef lieu de canton, est une commune frontalière à la fois de la Manche et de la Mayenne. Elle est très ancienne et semble avoir une origine gallo-romaine et provenir du nom Lupinius. La commune est limitée à l'est par la rivière du Léron.

La découverte à Lozier de haches en jade et en silex, de cercueils en calcaire coquillier et d'urnes funéraires témoigne d'une présence humaine depuis la préhistoire. Deux voies romaines se croisaient sur le territoire de la commune à Pierrelée. L'église de Louvigné du Désert existait dès la fin du 10e siècle. Elle fut donnée vers 1040 par Main II de Fougères à l'abbaye de Marmoutiers en Touraine qui y fonda un prieuré-cure. Celui-ci a laissé son nom à une place au nord de l'église. Les terres nobles de la paroisse étaient celles de Villavran et de Monthorin.

Au 17e siècle, Louvigné du Désert était un gros bourg de 3000 habitants. Il a gardé un caractère mi-urbain mi-rural. Les immeubles du centre datent en majorité du 19e siècle et utilisent la richesse du pays : le granit. Il s'est développé d'abord sur l'axe Rennes-Caen. La création de la gare et plus récemment la construction de quartiers neufs de lotissements autour du noyau ancien marquent le développement urbanistique de la ville et de son dynamisme. A 1200 mètres du bourg, se trouve le château de Monthorin. Il date de l'époque Louis XIII, et fut acquis en 1810 par le général Lariboisière, général d'empire sous napoléon 1er.

Louvigné du Désert fut également le théâtre de la chouannerie.

A la fin du 18e siècle, le territoire de la commune est décrit comme étant couvert de forêts et de rochers de granit.

Aujourd'hui, le bocage est encore assez présent sur le territoire de la commune ; certains secteurs du territoire de la commune sont particulièrement boisés. Le sous-sol est de nature granitique, de nombreuses carrières ont d'ailleurs existé sur le territoire de la commune ; le site de la Morinaie témoigne encore par exemple de cette activité. On y produisait également du grain, du lin, du foin et du cidre.

La place Charles de Gaulle

Les constructions

La majeure partie du tissu urbain du centre-bourg s'est constituée au 19e siècle. En effet, à Louvigné-du-Désert, les constructions de cette époque sont beaucoup plus développées, remplaçant même des réalisations plus anciennes. Les habitations urbaines du 19e siècle et du 20e siècle possèdent un ou deux étages avec éventuellement un commerce au rez-de-chaussée. On y trouve généralement plusieurs logements. Ces maisons de bourg sont implantées en "bandes" sur la rue ou autour d'une place, créant ainsi des espaces. A celles-ci viennent se juxtaposer des immeubles points de repères : le presbytère, les écoles, la poste...

La majeure partie des constructions est élevée en granit. Au 19e siècle, sa découpe est devenue mécanique et standardisée. La brique apparaît dans les maisons les plus riches comme élément de décor (bandeaux, corniches). L'alliance granite et brique va de pair dans certains cas avec une architecture dite "pittoresque" en vogue fin 19e siècle et début du 20e siècle, issue, entre autre, des théories de Viollet-le-Duc.

La place Charles-de-Gaulle

La place Charles-de-Gaulle a subi quelques changements comme le montre des photographies prises dans les années soixante-dix. Ainsi, la mairie et une maison remontant au moins au 17e siècle ont été rasées. La mairie avait été construite en 1869 et fut démolie en 2000. De même, des halles jouxtant la mairie et visibles sur les cartes postales anciennes, ont été démolies dès 1959, elles dataient de 1866. Une pompe à eau se trouvait également sur cette place de 1861 à 1946, elle servait notamment à la boulangerie située non loin. Le monument aux morts situé à côté de l'église, sur le côté donnant sur cette place, a été inauguré le 27 septembre 1921, il s'agit d'une œuvre de l'architecte Perrin réalisée par le carrier Adolphe Brault. Il subsiste cependant toujours le manoir de Bonne Fontaine construit à la fin du 17e siècle. Des familles très aisées y ont habité. Au numéro 31 de cette même place, se trouve une maison datée 1707. Ce bâtiment semble avoir été le point de départ à l'extension du bourg. Cette maison possède de plus un balcon recouvert d'un auvent donnant sur une cour intérieure commune à plusieurs bâtiments. Balcons et escaliers desservent les chambres situées à l'étage, supprimant ainsi l'escalier intérieur et permettant la présence de foyers différents.

La rue de la Libération

Dans le prolongement de cette place, se trouve la rue de la Libération. Cette longue rue menant jusqu'à la route de Mellé possède quelques belles demeures. Ainsi, en plus de l'ancien manoir de la Chapelle, on trouve une demeure au numéro 18 qui daterait de 1638. Appelé le manoir du Pré de l'Aune cette demeure a été reconstruite à l'emplacement d'un logis plus ancien, en grand appareil de granite gris de Louvigné. Elle a abrité des familles bourgeoises, en particulier les Gaultier-Lachese.

D'autres rues conservent également des bâtiments anciens, c'est le cas de la petite rue d'Auvraie qui possède une maison datée 1680 et une autre de 1783. Cette rue située près du bourg ancien est l'une des plus anciennes de la ville. Etroite, elle conserve du 19e siècle des bordures de granite taillées légèrement en creux pour favoriser l'écoulement des eaux.

Le numéro 1 de la rue Saint-Martin, où se trouve une belle maison du début du 18e siècle construite en grand appareil de granite, marque également un secteur d'extension du bourg.

La rue Ambroise de Montigny

La grande rue Ambroise de Montigny qui se poursuit en rue Monseigneur Gry, puis en avenue de Normandie possède également de belles maisons du 19e siècle. Les éléments les plus remarquables sont le château de la Touche, la maison de retraite et la chapelle du Planty. En face de la chapelle du Planty se situent d'ailleurs des maisons plus anciennes pouvant remonter au 17e siècle. Il y avait également un haras dans cette rue, un café dans la première maison après la chapelle construit vers 1920 et une carrière de granite derrière le château de la Touche

Les rues Lariboisière et Dauphin Brouard

Les rues Lariboisière et Dauphin Brouard comportent plusieurs belles demeures construites au cours du 19e siècle. Ainsi, l'hôtel de ville actuel, situé au numéro 19 de la rue Lariboisière, est une maison bourgeoise construite en 1864 par la famille Bochin, dont un membre est maire de 1868 à 1886. A l'origine, elle était en granite et brique rouge, comme plusieurs maisons de la commune. Avant d'abriter la mairie, ce bâtiment servit de logement aux instituteurs lorsque l'école communale des filles fut construite sur le domaine en 1907.

Rue Dauphin-Brouard, au numéro 15 on trouve également une demeure intéressante datant de la fin du 19e siècle. Son architecture et sa construction sont typiques de cette époque. Le bâtiment est entièrement élevé en brique rouge, il a des balcons et des œils de bœufs en zinc, et les encadrements des baies ainsi que les chaînages d'angle sont en granite bleu du pays. Cette maison a été momentanément la demeure des Dauphin-Brouard dont l'action en faveur des pauvres a été très importante au sein du bureau de bienfaisance de la commune. En effet, dans la même rue, au numéro 11, se trouve un alignement de petites maisons identiques en granite du pays, qui a été légué par la famille Dauphin-Brouard au profit des familles nécessiteuses. Chaque maison est précédée d'un jardinet.

La place du prieuré

La place du prieuré est certainement la plus ancienne de Louvigné-du-Désert. Elle était contiguë à l'ancien prieuré où habitaient les moines chargés de la paroisse dès 1040. Celui-ci était situé à côté de l'église, il fut fondé au 11e siècle pour l'abbaye de Marmoutiers en Touraine par Main II de Fougères, qui donna le bourg aux religieux. Il fut uni dès le 12e siècle à ce lui de la Sainte Trinité de Fougères, et on conserva seulement à Louvigné une grange qui donna son nom à un groupe de maisons. Ce prieuré avait un droit de haute justice. En 1532 (ou 1523), le seigneur de Monthorin, Gilles de Porcon (époux de Jeanne de Romilley, fille du seigneur d'Ardennes), achète aux moines de Marmoutiers le fief du prieuré avec tous les droits qui s'y attachent.

Cette place était donc le centre du village resserré autour de l'église jusqu'en 1791. C'est sur cette place que les tailleurs de pierre façonnèrent les pierres pour le collatéral nord et la tour, édifiés respectivement en 1647 et en 1702. Jusqu'au début du 20e siècle, elle est également place du marché.

Les maisons qui entourent cette place sont assez anciennes pour la plupart d'entre elles et son d'élévation basse. Certaines ont été remplacées par des constructions datant du 20e siècle.

 

Textes de Stéphanie Bardel Service de l'inventaire du patrimoine Conseil Régional Bretagne.

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